Le Projet
Repères Historiques

L’idée d’une Caravane des Femmes pour la Paix s’inscrit dans la suite de plusieurs expériences vécues dans le cadre de la Cevaa, ces dernières années :



Mission des femmes solidaires pour la Paix :
En mars 2004, en pleine crise ivoirienne, un groupe de femmes venant des Eglises de la Cevaa se retrouvent à Abidjan pour rencontrer des femmes ivoiriennes, chrétiennes et musulmanes, afin de tisser avec elles des relations d’échange et de partage, leur apporter un soutien dans leur lutte pour la paix. A la suite de cette expérience, une solidarité concrète s’est développée à travers un lien régulier de prière et d’échange entre des femmes de différents lieux (Cévennes en France, Casamance en Afrique etc.).

Echange entre femmes du Cameroun et femmes du Bénin : En 1997 et 1998, dans le cadre des visites d’Eglise à Eglise, un échange particulièrement marquant est vécu par des femmes du Cameroun et du Bénin. Cet échange a par ailleurs connu une suite dans le cadre des mouvements de femmes du Cameroun, à travers le développement d’une formation biblique sur le mode d’une animation populaire et participative.

 

Mouvement de Femmes pour la Paix de Bangui : Au plus fort de la guerre civile qui depuis des années menace la Centrafrique, des femmes chrétiennes et musulmanes se sont dressées pour manifester à travers des gestes et paroles leur volonté de paix pour le pays, pour leurs enfants, leur mari ou leur père.



En mai 1989, sur l’île d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie, Jean-Marie Tjibaou et Yéwéné Yéwéné étaient assassinés par Djubelly Wéa. Pendant 15 années, la famille Wéa, la tribu de Gossanah et d’une façon générale tous les Ouvéa, sont restés au ban de la société Kanak. Ils étaient ceux par qui le malheur était arrivé sur les familles Tjibaou et Yéwéné mais aussi sur l’ensemble du peuple Kanak. Trois femmes se sont alors dressées, Marie Claude Tjibaou, Hnadrune Yéwéné et Manaki Wéa pour tracer des chemins de réconciliation sur lesquels tous les leurs et certains difficilement, ont accepté de marcher.




 


Enracinement Biblique

L’image de la Caravane évoque le mouvement, le déplacement. C’est une image profondément biblique. C'est la marche vers le pays promis du peuple juif libéré de l’esclave et cheminant dans le désert.

Elle évoque aussi le campement, la tente, la hutte. On fait campement pour se reposer, se ressourcer, pour établir commerce avec un environnement nouveau. Le lieu de campement est choisi pour les qualités et les vertus qu’il offre. On s’y arrête non pour y rester définitivement mais pour un temps plus ou moins long. C’est un temps qui fait trace, qui laisse des empreintes. 

 

 

Dans l’image biblique de la Caravane et du campement, il y avait la tente de la rencontre. « Moïse prit la tente et la dressa hors du camp. Il l’appela tente de la Rencontre» Ex 33, 7. En quelque sorte, le sens ultime de ce peuple en mouvement se jouait autour de cette tente. C’était la Caravane de la Rencontre et de la Paix.



 


En lien avec les dynamiques Cevaa

L’idée de cette Caravane pour la Paix se situe dans la suite du thème de travail défini par l’Assemblée générale de Strasbourg : « A la rencontre de nos voisins » et s’inscrit aussi pleinement dans la suite de la réflexion missiologique développée à Athènes lors de la Conférence mondiale sur la Mission et l’Evangélisation, en mai 2005 : « Viens Esprit Saint, guéris et réconcilie ».

« A la rencontre de nos voisins » 
Le Conseil de Villenave d’Ornon en mars 2005 avait en effet validé une orientation de travail autour de quelques figures de voisins et notamment « la figure de celui/celle qui est écrasé/e par la pauvreté, par la guerre, les conflits, la violence. La violence sous toutes ses formes est une insulte à la vie et à tout ce qui est vivant.

 

 

Porteurs et semeurs de paix dans un monde déchiré, tel est l’enjeu. Comment ma liberté d’aimer et de croire peut-elle être mise au service de la liberté de vivre et de croire de tous ? ». 

« Viens Esprit Saint, guéris et réconcilie »
Avec Athènes, la guérison des personnes autant que celle des communautés s’invite en force dans le mandat missionnaire. La dimension politique de la paix est certes incontournable. La dimension spirituelle l’est tout autant. C’est une dimension de guérison, de reconstruction. En Christ, nous sommes appelés à être des communautés de guérison et de réconciliation.

 


 


Les objectifs

Permettre entre femmes des Eglises de la Cevaa et quelques autres Eglises de se rencontrer, de tisser des liens, d’établir une chaîne de soutien mutuel et de solidarité

Susciter des rencontres, des gestes, des engagements susceptibles de porter la Paix, la guérison et la réconciliation.

Renforcer l’Animation théologique dans les engagements et les orientations de la Communauté en proposant aux femmes un cheminement autour du thème de la rencontre, de la Paix, dans le sens d’une véritable Animation théologique et biblique populaire.

 

 

 

Susciter dans les Eglises de la communauté l’envie et le désir de faire naître en leur sein des foyers d’espérance en action, porteurs d’une culture de la paix et de la réconciliation. « En Christ, nous sommes  appelés à être des communautés de guérison et de réconciliation ».

Encourager les Eglises à développer leurs liens avec d’autres milieux sociaux, culturels et religieux dans une perspective de dialogue, de paix, d’harmonie sociale.

 




 


La stratégie d'action

Pendant deux années, d’une Assemblée générale à une autre, de Bouznika à Neuchâtel, un parcours est tracé à travers l’ensemble des Eglises de la Cevaa et quelques autres Eglises proches et partenaires. Ce parcours constitue le cheminement de la Caravane des Femmes pour la Paix. Dans chacune des étapes qui jalonnent le parcours de la Caravane des temps forts et significatifs autour de la question de la Paix, sont construits et vécus. Ces temps permettent la rencontre, l’échange, la réflexion et la formation, le travail biblique, la célébration et la prière, le partage d’expériences et de savoirs faire, les activités culturelles (théâtre, danses…).     

Dans les Eglises qui accueillent la Caravane, un travail de préparation se fait en amont de ces temps forts.Un travail de terrain se développe et se poursuit en aval pendant la durée de la Caravane. Des traces sont laissées. Ce sont les traces de la paix et de la réconciliation.

 

Au fur et à mesure que la Caravane avance et évolue, des liens se créent, une chaîne se construit, un sentiment d’appartenance et de solidarité se développe. Ainsi la Paix chemine. C’est la Paix qui est en mouvement.

D’une étape à l’autre, d’une Eglise à l’autre, le relais est concrètement apporté et passé par une délégation de femmes venue de l’Eglise qui a reçu la Caravane au groupe des femmes qui dans la nouvelle Eglise accueille la Caravane et ainsi de suite d’Eglise en Eglise. C’est un passage de flambeau. Ce flambeau est matérialisé par un objet symbolisant la Paix : le Rouleau.

 

 



 


Le rouleau, témoin de la caravane

Un rouleau en tissus a été confectionné par des femmes de la communauté de Celle (France). Des rubans de couleur délimitent des carrés d’environ 1m sur 90 cm, sur lesquels chaque Eglise tissera son message de paix.
Les femmes se le passeront d’étapes en étapes. Le rouleau accompagnera la caravane durant tout son parcours et sera déroulé à l’assemblée générale de la Cevaa à Neuchâtel en 2008. C’est le témoin qui fait lien entre toutes les Eglises.

 

Le rouleau est une image biblique qui évoque les livres des prophètes, le message de Dieu qui passe par la main humaine. Il sera le message de paix que les femmes laissent à la postérité, un clin d’œil pour inviter les générations futures à entretenir la paix

 




 
Liens
D'autres organismes oeuvrent pour la Paix, voici quelques sites sur lesquels vous trouverez leur travail.
 
> Le site "Cultivons la paix" de l'UNESCO
> Le site "Vaincre la violence" du Conseil Oecuménique des Eglises